20 octobre Lille à partir de 15h

ATELIER JEUNESSE - LECTURES – RENCONTRES – PERFORMANCES – PROJECTIONS

→ Dans l’église désacralisée Marie-Madeleine à Lille 27 rue du Pont Neuf

→ 15h – 17h15
Atelier fanzine jeunesse  6 – 12 ans avec Antony Huchette et l’association Perluette.
× Nombre de places limité / Inscription : association.perluette@gmail.com 06 79 21 09 27

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Antony Huchette est un illustrateur et un auteur vivant entre Paris et Roubaix, après un passage aux Arts Décoratifs de Paris, à la SAIC de Chicago, il vit quelques années à New York où il travaille dans l’illustration de presse et dans l’animation. Il cultive aujourd’hui son dessin ludique et surréaliste pour la presse (The New York Times, The New Yorker, Télérama, GQ, M le mag…) pour l’édition de bandes dessinées et les livres pour enfants (Saul, monsieur Rêve et le morceau de mur édité en 2017 chez hélium)… Pour le festival, Antony Huchette invite les participant.e.s à réaliser de manière collective un fanzine¹ autour de la thématique de la puissance, fanzine qui prendra la forme d’une affiche et reflétera la créativité de Supers-participant.e.s.

1. Contraction de fanatic (amateur) et magazine (revue), un fanzine est une publication indépendante élaborée par des amatrices et amateurs passionné.e.s.
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→ 15h
Lecture à voix haute de Des châteaux qui brûlent par Arno Bertina, accompagné par la comédienne Chloé André, suivie d’une rencontre animée par Milady Renoir.

« Quand il est venu ici pour la première fois, on lui a montré la chaîne d’abattage, les cuisines et les unités de conditionnement. Mais au fil des étapes (bains d’électronarcose et décapitation à la disqueuse), le directeur comprend et nous demande de raccourcir la petite phrase apprise pour présenter chaque poste. Vers la fin il accélère encore – on n’a plus la parole – et à la toute fin il ne nous présente même plus, et le secrétaire d’État nous serre la main toujours mais sans demander les prénoms de Sylvaine et Karine – que l’autre ne lui donne plus – et nous ce qu’on comprend, évidemment, c’est que tous les premiers prénoms servaient à rien, si les derniers sont inutiles. »
Des châteaux qui brûlent, Arno Bertina

Arno Bertina a notamment publié un roman foisonnant Anima motrix (éd. Verticales), un texte jeunesse Dompter la baleine (éd. Thierry Magnier), un court récit Des lions comme des danseuses (éd. La Contre allée). Des châteaux qui brûlent (éd. Verticales) est un dense huis-clos mettant en scène sur une semaine un tête-à-tête vif et surprenant entre des salariés en grève d’un abattoir breton et le ministre de l’Industrie qu’ils ont séquestré.

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→ 16h15
Lecture à voix haute d’Exploration du flux par Marina Skalova, accompagnée par la comédienne Marjorie Efther, suivie d’une rencontre animée par Milady Renoir.

« On s’aperçoit que certains pillent le ciment de la forteresse, la nuit, en cachette. Ils l’utilisent pour construire des murs. Ils amoncellent brique sur brique et ils renversent les principes par-dessus pour faire tenir les briques. Le ciment coule partout, il coule et il colle, des coulées entières de ciment s’échappent des briques et se répandent sur le sol. »
Exploration du flux, Marina Skalova

Marina Skalova est née à Moscou en 1988. Elle a longtemps vécu ailleurs (Paris, Berlin, entre autres) et vit à Genève en ce moment. Elle écrit, traduit & traduit pour écrire. Elle a publié Atemnot (souffle court) (Prix de la Vocation en Poésie, éd. Cheyne) en 2016, Amarres (éd. L’Âge d’Homme) en 2017 et cette année Exploration du flux (éd. du Seuil). Elle navigue entre le français, l’allemand, le russe et des langues qu’elle ne parle pas. Elle s’intéresse aux sons, les bricole. Elle donne des ateliers d’écriture et lit souvent ses textes devant des gens. Elle travaille avec d’autres artistes (arts visuels, théâtre, performance), n’aime pas trop les formes instituées et n’aime pas les frontières, surtout. En 2018, elle publie Exploration du flux (éd. du Seuil), texte dans lequel à partir de la notion de flux, si dévoyée dans le grand bavardage, elle retrace l’emballement qui a conduit l’Europe à abandonner sa politique d’asile, et ce faisant à renoncer à elle-même, elle qui s’est construite sur l’idée du « plus jamais ça ».

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→ 17h30
Lecture à voix haute de Dans nos langues par Dominique Sigaud, suivie d’une rencontre animée par Milady Renoir.

« Mme de L. est une jolie femme blonde, beau mari pilote de chasse, nombreux enfants, grande famille française. L’attitude de ma mère indique l’écart de leurs conditions, elle va y remédier en donnant à son parler ce qu’il faut d’enjoué, cordialité, légèreté, aisance féminine. L’enjeu de la visite est peut-être d’être de celles qu’on réinvitera au bridge de l’après-midi avec d’autres femmes de pilotes de chasse ou d’ingénieurs aux essais en vol, voire à dîner avec les époux. Ce n’est pas elle qui définit les règles du jeu, elle se plie sans histoire à ces prescriptions de portes et de voix, robes et phrases aimables, dans nos familles elles sont essentielles, une ossature presque, régissant parlers et langages ; des phrases par centaines connues d’avance. Mme de L. portant la particule, ma mère doit se hisser un peu plus, je vois ses efforts. Je vois son désir. Je suis gênée pour elle, pour moi. Quelque chose dans sa légèreté contrainte, l’effort sur soi, la façon dont ce désir la mange sous mes yeux. »
Dans nos langues, Dominique Sigaud

Dominique Sigaud a été journaliste indépendante de 1984 à 1996 en Algérie, en Tunisie, au Liban,
au Soudan ou encore au Rwanda. En 1996, elle reçoit le Prix de l’Association des femmes journalistes pour son article «Tutsies et Hutues : elles reconstruisent ensemble le Rwanda en ruine». Depuis, elle se consacre à l’écriture. À la suite de son premier roman sur la Guerre du Golfe, L’Hypothèse du désert, traduit en dix langues, elle a publié une quinzaine de récits, romans policiers, essais et romans.  Son dernier livre Dans nos langues (éd. Verdier, Grand Prix SGDL 2018) écrit la nécessité de s’inventer sa propre langue pour tenter d’être libre.
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→ 18h45
Lecture à voix haute d’Un oeil en moins par Nathalie Quintane, suivie d’une rencontre animée par Arno Bertina.

« Plus tard, en janvier, le gouvernement annoncerait l’abandon du projet d’aéroport, je passerais une heure le soir à regarder BFM annonçant en boucle l’annonce du gouvernement, et les deux sondages à chaud révélant les français d’accord avec le gouvernement à condition qu’on évacue la zone, c’est-à-dire, sous-entendait le sondage, qu’on voulait bien laisser tomber l’aéroport, puisque pour la plupart on en a rien à secouer, mais qu’en échange on vire les zadistes, parce que même si on habite à Charleville-Mézières ou à Montauban, et même si on habitait Canberra ou Vladivostok, on ne supporterait pas, le soir en se couchant, l’idée de ces zadistes se la coulant douce sur la zone, on ne supporterait pas la vision du zadiste sous la pluie grillant une cigarette dans le bocage devant sa caravane, on ne supporterait pas ces zadistes mangeant leur bouillon de choux grâce à 200 euros de RSA, on ne le supporterait pas sur la zone et on ne le supporterait pas plus en dehors de la zone (admettons qu’on le chasse de la zone, cela ne mettrait pas un terme à son existence – et tout le problème est là), et qu’on ne le supporte pas, c’est exactement ce qui se transmet et qui passe dans le rictus nerveux de Ruth, la journaliste de BFM, et de tous ces compères journalistes, lorsqu’ils annoncent l’annonce du gouvernement »
Un œil en moins, Nathalie Quintane

Sur le site de l’éditeur POL, on peut lire à propos de Nathalie Quintane « Je m’appelle encore Nathalie Quintane. Je n’ai pas changé de date de naissance. J’habite toujours au même endroit. Je suis peu nombreuse mais je suis décidée. » On ajoute qu’elle publie depuis plus de 20 ans des livres, parmi lesquels, Chaussures, Crâne chaud ou encore Que faire des classes moyennes ? (éd. POL) ou Ultra- Proust (éd. La Fabrique) qui sèment le trouble et/ou ont le chic pour le pointer. Avec Un oeil en moins, elle écrit un livre qui parle du pays, de sa très ancienne myopie, et du paysage flou qu’il s’est mis sous les yeux et qu’il croit être la réalité.

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→ 21h
Perfomance Tiens, ils ont repeint, d’Yves Pagès

13-08-26-GRAFFITI-ParisIV-rueBeaubourg-archyvesYves Pagès est écrivain et éditeur. Il anime, avec Jeanne Guyon, les éditions Verticales et a publié de nombreux livres, dont Souviens-moi (éd. L’Olivier, 2014), Le Soi-disant (éd. Verticales, 2008), ou Petites natures mortes au travail (Folio, 2007), Encore heureux (éd. L’Olivier, 2017) et Tiens, ils ont repeint, 50 ans d’aphorismes urbains de 1968 à nos jours. En écho à cette dernière publication et à l’exposition qui se trouve dans l’une des chapelles de l’église Marie-Madeleine, il imagine une performance qui mêle et donne une autre vie à son obsessionnelle collection de graffitis.

→ 21h30
Lecture-performance de Les nouveaux anciens de Kate Tempest, par D’de Kabal.

«Au temps anciens les mythes étaient ces histoires qu’on utilisait pour se raconter.Mais comment expliquer cette façon de nous haïr, comment expliquer ce que nous avons fait de nous, la façon dont, en deux, nous nous brisons, la façon dont nous compliquons ce nous ?»
Les nouveaux anciens, Kate Tempest

Dans ce poème épique urbain publié en France par les éditions de l’Arche, Kate Tempest revisite
par les mythes nos vies modernes désenchantées. Selon elle, les dieux de l’Antiquité resurgissent dans le monde contemporain à travers nos actes quotidiens de violence, de bravoure, de sacrifice ou d’amour. Nous sommes toujours mythiques, nous sommes toujours divins. Elle dépeint ainsi une traversée des âges, de la naissance à la mort de l’être humain, sans occulter ses failles, ses erreurs ni ses regrets. Célébrant l’humain trop humain des supermarchés, des rues, des bars et des open-space, elle s’inscrit dans la tradition d’un hip hop old-school, entre poésie, rap et poésie parlée. Une écriture dramatique puissamment cadencée, avec une rythmique très musicale et un « flow » à couper le souffle.

Kate Tempest étant aux États- Unis au moment du festival, c’est D’de Kabal, slameur et rappeur, cofondateur du groupe Kabal, qui lira le texte qu’il a par ailleurs traduit avec Louise Bartlett.

→ 22h
Projections de courts-métrages
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An American Poem d’Andrea Kirsch
États-Unis | 1987-1988 Expérimental | 3 min 54 | Il s’agit un film poème, une collaboration avec la poète Eileen Myles, autrice de plus d’une douzaine de livres de poésie et de fiction dont Not Me (1991), Chelsea Girls (1994), Cool for You (2000), and Skies (2001), Sorry, Tree (2007), The Importance of Being Iceland: Travel Essays in Art (2009), and Inferno: A Poet’s Novel (2010), Afterglow: A Dog Memoir (2017), and Evolution (2018).

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Dark Enough de Jeanne Liotta
États-Unis | 2011 | Expérimental | 6 min 53 | Basé sur un texte de la poète Lisa Gill, voici une avant-scène virtuelle sur laquelle la poésie peut jouer. Texte-en-tant-que-texte et texte-entant-qu’image, évitant l’illustration poétique via l’illustration poétique. Le son est composé du tintement de cloches tibétaines et du bourdonnement de hauts parleurs.

Rosa_Rot

Rosa Rot de Gisèle Rapp-Meichler
France | 2001 | Expérimental | 8 min 10 | Rosa Rot donne deux cadres donc deux points de vue : celui, abstrait, de la pensée intérieure libre qui se manifeste par l’immersion visuelle dans un morceau de paysage soumis à un perpétuel mouvement, strié par des coups de vent mêlés à la chute incessante et drue des flocons de neige et celui, concret, plus large et distancié mais dans le même axe, de ce paysage barré par le cadre fixe d’une fenêtre, qui nous ramène physiquement à un état de réclusion que vient attester la lecture de la lettre de prison de Rosa Luxemburg.

Sappho_01

Sappho de Marcelle Thirache
France | 1992 |  Expérimental | 12 min 20 |  Travail sur le fragment, le mot, l’écrit… certains sont en français, d’autres en grec, sans traduction. Pour qui ne comprend pas le grec, magie de l’inconnu, mot-dessin, forme en soi. La beauté des textes fait qu’ils n’ont pas besoin d’images. Ce n’est pas un film illustratif, c’est un film sur le fragment qui se révèle… réapparaît… film qui repose sur la superposition d’images… film en perpétuel mouvement, rien ne s’arrête… Sappho qui nous revient, présente, au-delà des 2 700 ans qui nous séparent.

 

 

Naked_writing_02

Naked writing d’Aya Toraiwa
Royaume-Uni, Japon | 2015 | Expérimental | 15 min 28 | Virginia Woolf a mis fin à ses jours en 1941 dans la rivière Ouse. Sur les lieux mêmes de ce drame, le film tourné en Super-8, est une sorte d’hommage minimaliste et sensible à celle qui a été l’une des autrices les plus importantes du xxe siècle.