Littérature, etc.

Les parleuses

Marie-Catherine d’Aulnoy (1651-1705) par Lucie Baratte, Séance 19!

Samedi 19 juin, à partir de 14h

Médiathèque de Lille - Moulins

Gratuit sur inscription

Pour en finir avec une histoire de la littérature qui invisibilise et minorise les textes d’autrices et donc nuit à la littérature elle-même, chaque mois, les Parleuses, organisent une séance de bouche à oreilles pour propager le matrimoine littéraire. Elles invitent une autrice contemporaine à se faire passeuse de l’œuvre d’une autrice historique. La séance s’articule autour d’un atelier d’écriture, d’un atelier de lecture par arpentage et d’une performance inédite. Pour la séance 19, c’est Marie-Catherine d’Aulnoy qui sera mise à l’honneur par Lucie Baratte.

Originaire du nord de la France, Lucie Baratte est née en 1981. En 1987, elle peut enfin déchiffrer les mots toute seule. Chaque soir, elle tourne les pages d’un livre grand comme le monde. Il contient des histoires magiques et effrayantes écrites près de 300 ans auparavant par une certaine « Ma-da-me d’Aul-noy », conteuse en féérie. Lucie s’endort pour rêver avec elle de monstres et de pierreries. Ensemble, elles tissent des voyages impossibles aux confins de l’imaginaire. Passionnée de livres, d’images et de musique, Lucie Baratte a fait carrière dans le graphisme et la typographie avant de prendre la plume en 2016 pour relater son voyage sur les pas de Janis Joplin aux États-Unis. Elle en a tiré un livre intitulé Looking for Janis, récit autobiographique entre reportage photo, livre rock et journal intime. 
En parallèle, elle convoque à nouveau Madame d’Aulnoy dans ses cauchemars pour écrire son premier texte de fiction, Le chien noir, publié en 2020 aux éditions du typhon. Dans ce livre à la frontière des genres, les contes de l’enfance y rencontrent le tremblement et l’effroi du roman gothique. Pensé comme une réponse littéraire au conte des Précieuses et au roman magique contemporain d’Angela Carter, Le chien noir s’inscrit dans une histoire féminine de la littérature. Celle d’Anaïs Nin à Mary Webb, en passant par les sœurs Brontë et Margaret Atwood ; des autrices qui mettent en scène leur expérience féminine du monde à la recherche de leur vérité et de leur liberté, à travers l’expression d’un désir éclatant. La mise en lumière de l’étrangeté personnelle devient alors une arme d’émancipation. 
Ainsi, trente-trois ans après ses premiers émois littéraires, Lucie Baratte dédicace son premier roman à celle qui a éveillée en elle la conteuse : Madame d’Aulnoy.