Littérature, etc.

Le festival, etc

Là où les trottoirs s’arrêtent – Lecture de Baptiste Thery Guilbert avec Lucien Fradin en dialogue avec Milady Renoir

Samedi 5 novembre à 18h

Maison Folie

Gratuit - sur réservation

« et il continue de me pleurer dessus alors même qu’il n’est plus là. Je le sens sur mon épaule le poids de la tête le poids des larmes à déverser les larmes qui pleuvent.


Quelquefois la sensation me revient et il n’a toujours pas cessé de pleuvoir à ce jour. »

17 ans, 19 ans : deux âges pour un roman au coeur de l’adolescence et de son intimité. Un narrateur ancré à Marseille raconte ce quotidien ponctué de l’intensité qui le caractérise : se découvrir et vivre un être, un désir et une sexualité hors des normes hétéropatriarcales, faire face à l’homophobie et au mensonge, s’habituer au secret – le sien ou celui de l’autre. Quitter l’école car elle n’a plus rien à offrir et s’installer devant la mer, essuyer l’insulte, tenter de contrer la honte par l’émancipation, cacher la maladie ou le trouble psychique, affronter la précarité et la douleur familiale. Par une écriture de l’intime dans laquelle résonne pourtant puissamment un élan collectif, ce roman fait entendre tous les mécanismes de l’homophobie, intériorisée ou non. Et face à ceux qui voudraient imposer un déterminisme, s’élèvent le refus de s’effacer, le refus d’excuser et le refus de disparaître. Dans ce texte se construit une voix puissante et autonome qui dit combien est forte la volonté d’exister.

Baptiste Thery-Guilbert est né en 1999 à Marseille et a été élevé principalement par des femmes. Scolarité chaotique et stabilité salariale plutôt inexistante. Il s’en sort par un heureux hasard. Attiré amoureusement par les hommes, il s’y adapte peu à peu, notamment grâce à l’écriture qui lui permet de traduire toute la violence que la norme lui fait subir. C’est pourquoi l’intime, la modernité malheureuse, le refoulement, les lgbtphobies et leur brutalité sont les thématiques dans lesquelles il s’enlise pour mieux en extraire une part de vérité.

Baptiste Thery-Guilbert © Aurélie Carlioz