mise au ban

Lectures-Rencontres Dans le Sud-Artois

Réservation auprès de Johanne Balemboy : jbalemboy@cc-sudartois.fr
Vendredi 13 octobre 19h – Bibliothèque d’Écoust-Saint-Mein
Samedi 14 octobre 11h – Bibliothèque de Bucquoy

Sophie G. Lucas est née en 1968 à Saint-Nazaire. Révélée avec son recueil Nègre blanche (Le dé bleu, 2007), elle a par ailleurs publié Notown (éd. Les états civils, 2007) et moujik moujik (2010), réédités aux éd. La Contre Allée en 2017. Pour écrire Témoin (éd. La Contre Allée, 2016), elle assiste pendant plusieurs mois en 2013 et 2014 à des procès en correctionnel au Tribunal de Grande Instance de Nantes, avec le souhait d’essayer d’approcher ce qui se cache derrière les violences, les faits divers. Au fur et à mesure, sa démarche documentaire en faisant écho à la vie de son père se mêle à une démarche autobiographique.

« Il m’arrive de ne voir dans le box que des enfants perdus. Je voudrais croire qu’ils ne sont que des enfants perdus. Même ceux qui sont censés être des hommes. Certains n’ont connu que la prison ou les institutions depuis l’adolescence. Mon père a été enfermé dans une maison de correction. Jean Genet dans Miracle de la rose écrit « De toutes les centrales de France, Fontrevault est la plus troublante. C’est elle qui m’a donné la plus forte impression de détresse et de désolation, et je sais que les détenus qui ont connu d’autres prisons ont éprouvé, à l’entendre nommer même, une émotion, une souffrance, comparables aux miennes. » C’est là qu’était mon père ? Suite à son arrestation pour port d’armes. Ou pour cette fugue avec une jeune fille de son âge. » Extrait de Témoin, Sophie G. Lucas

Simon Allonneau est né en 85 à Lens. Il vit à Lille. Il fait beaucoup d’athlétisme parce qu’il rêve de devenir un animal. Il gagne sa vie en jouant au poker en ligne. Il a écrit Un jour on a jamais rien vu (éd. Polder, 2012) et La vie est trop vraie (éd. Le Pédalo ivre, 2015). Toutes les personnes qui entendent Simon Allonneau lire ces textes s’en souviennent très longtemps après. Sur le moment, on hésite entre rire et pleurer.
« le prof nous avait demandé
d’exprimer un souhait
moi comme un idiot
j’avais crié que je voulais ma grandmère
ressuscitée
il m’avait répondu
espèce de couillon
la vie est trop vraie
personne ne t’a réveillé. tes parents sont
des trous du cul
tu n’as jamais regardé la télé ?
LA POLICE TIRE SUR LES ZOMBIES
si ta grand-mère ressuscitait
elle se ferait abattre dans la même
journée. »
Extrait de La vie est trop vraie, Simon Allonneau