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Lectures – Rencontres dans le Pays d’Opale

Réservation auprès de Céline Melin : responsable-mediatheque@ cc-paysdopale.fr

Lundi 25 septembre 19h – Café de l’Agriculture à Peuplingues
Mardi 26 septembre 10h30 – Collège d’Audruicq 19h > Bibliothèque de Guînes
Mercredi 27 septembre 19h – Médiathèque La rose des vents à Bonningues-lès-Calais + Atelier d’écriture à 15h

Nina Yargekov est née en 1980 dans une commune de 29 660 habitants. Elle écrit le jour, la nuit, dans l’espoir de devenir espionne, même si elle ne se fait guère d’illusions sur la crise structurelle qui frappe les services secrets depuis la chute du mur de Berlin. Nina Yargekov est née à l’étranger, en France. Elle aime la tarte citron meringuée, les boîtes de rangement et surtout le Code civil, qui est son oeuvre de fiction préférée. Son troisième roman Double nationalité (éd. POL, 2016) explore de nombreuses questions parmi lesquelles comment se débrouiller de deux cultures, deux langues, deux sensibilités, comment, de fait, mener une double vie alors qu’on voudrait beaucoup, même facétieuse et indisciplinée n’être qu’une ?

« Votre loyer ne sera pas payé, on videra votre appartement. Tout cela se fera sans vous. Vous hésitez un instant à rembourser à l’État français l’intégralité des allocations familiales que vos parents et vous-même avez perçues puis vous décidez que ce sera comme des dommages-intérêts pour le préjudice moral qu’elle vous a causé avec sa loi sur l’interdiction de la double nationalité. De la sorte, la France et vous, vous êtes quittes. » Extrait de Double nationalité, Nina Yargekov

Maryam Madjidi née en 1980 à Téhéran quitte l’Iran à l’âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l’avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul. Dans Marx et la poupée (éd. Le Nouvel Attila, 2016) elle raconte les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

« Petites marionnettes désarticulées. On ressemblait à des enfants ayant grandi trop vite, vieux avant l’heure. Ils me tendaient un miroir dans lequel je ne voulais pas me voir. Je ne voulais pas être différente. Je voyais une balafre sur leurs visages. La balafre de ceux que l’exil a coupés en deux. Je voulais la gommer et réécrire mon histoire à grands coups de normalité, d’unité, de francisation. » Extrait de Marx et la poupée, Maryam Madjidi