19 – 21 octobre Lille en continu

WEEK-END PUISSANT

→ Dans l’église désacralisée Marie-Madeleine à Lille, 27 rue du Pont Neuf

→  Infos multiples
La chapelle librairie Dialogues Théâtre : ouverture des portes à partir de 14h !
La chapelle Liquium, bar-restaurant LGBTQI ++ vegan : ouverture des portes à partir de 12h30 !
Prudence : la jauge est limitée et nous serons à l’heure.
L’église est peu chauffée, sortez couvert.e.s !
Teasing : pour être tenu.e.s au courant de notre nouveau projet Littérature, séances de rattrapage, etc. qui sera lancé en janvier 2019 en Île-de-France, venez remplir le petit formulaire à l’accueil.

∞ En continu ∞
CABINES DE PUISSANCE / Écoute au casque
« Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour » et les confessionnaux sont transformés en cabines de puissances où l’on peut prendre l’ancienne place du prêtre pour écouter au casque les textes édités par la salvatrice collection Sorcières des éditions Cambourakis. Une collection féministe qui, selon sa directrice Isabelle Cambourakis, se situe « du côté de ce qui s’expérimente dans le quotidien, l’intime, le politique, du côté de ce qui se trame dans les marges et les divers espaces de résistance. » Les textes sont lus par les comédiennes Fanny Bayard et Lyly Chartiez-Mignauw.

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De la Marge au Centre de bell hooks, traduit par Noomi B. Grüsig
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« Les différentes visions du pouvoir au sein du mouvement féministe reflétaient les réflexes de classe des individues et leurs perspectives politiques. Les femmes intéressées par des réformes qui leur auraient permis d’atteindre l’égalité sociale avec les hommes voulaient obtenir davantage de pouvoir dans le système existant. Les femmes intéressées par un changement révolutionnaire se sont empressées de décrire l’exercice du pouvoir comme un trait négatif, sans prendre la peine de faire la distinction entre le pouvoir comme une expression de domination et de contrôle, et le pouvoir comme expression de créativité, de constructivité et de vitalité. »

Autrice et activiste féministe africaineaméricaine née dans le Kentucky, bell hooks a été marquée dans son enfance par les lois de ségrégation raciale, notamment en allant dans une école publique réservée aux Noir.e.s. Influencée par la pédagogie de Paulo Freire, elle enseigne l’anglais, l’histoire africaine-américaine et les études féministes dans différentes universités. Elle a écrit sur de nombreux sujets comme la pédagogie, la sororité, la restauration de l’estime de soi, l’impérialisme blanc, la culture populaire…

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♦  Peau de Dorothy Allison traduit par Nicolas Milon
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« Toute mon enfance, on m’avait prévenue encore et encore que si jamais je répétais ce qui se passait à la maison je serais emmenée ailleurs. Je terminerais en maison de correction et passerais le reste de ma vie à rentrer et sortir de prison. Il importait peu que je me fasse violer et que je n’aie rien demandé. Cela importait peu parce que j’étais ce que j’étais, née dans cette famille, pauvre et connue dans le comté où nous vivions, pauvre et sans espoir. Oh, j’avais rêvé de tuer cet homme, mais les petites filles ne tuent pas leur père pour s’en laver les mains ensuite. On
m’avait appris à être très sage, très polie en public, à parler correctement aux dames du catéchisme, à travailler afin d’obtenir une bourse et de pouvoir ficher le camp de la maison. C’est exactement ce que j’ai fait.»

Née en 1949, Dorothy Allison a été élevée dans le Sud des États-Unis, dans un contexte de misère sociale et de violence familiale. Activiste féministe radicale dans les années 1970, elle se retrouve en première ligne dans la « Guerre du Sexe » (Sex Wars) qui déchire le milieu féministe au début des années 1980, autour des questions de sexualité. Sa lecture des féministes noires et chicanas qui remettent en question les préjugés du mouvement féministe dominé par des femmes blanches de la classe moyenne la pousse à réfléchir et à écrire sur sa condition particulière de lesbienne pro-sexe issue de la classe ouvrière. Ses œuvres de fictions et ses essais mêlent questions de classe, de genre et d’orientation sexuelle.

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♦  Rêver l’obscur, femmes, magie et politique de Starhawk traduit par Morbic
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« Et pourtant les enfants doivent toujours être nourris, les chiens être promenés, il faut travailler, nous élevons donc des défenses contre cette souffrance insupportable, et nous continuons dans la torpeur et le déni. Le travail peut sembler vide, mais nous évitons soigneusement de nous questionner sur son sens et son utilité, même si nous sentons que quelque chose de profond et de doux manque à nos vies, à nos familles et à nos amitiés ; un certain sens du but, du pouvoir, est parti. »

De son vrai nom Miriam Simos, Starhawk est née en 1951 aux États-Unis. Autrice, formatrice et militante altermondialiste, elle vit et travaille à San Francisco. Célèbre dans le monde entier pour être une théoricienne du néopaganisme et une figure du mouvement Wicca, elle se définit elle-même comme féministe et sorcière, se réappropriant cette figure subversive en vue d’unifier spiritualité et politique.

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Guide pratique du féminisme divinatoire  de Camille Ducellier
guide du féminisme divinatoire

« Le féminisme divinatoire est un lieu de passage pour celles qui inventent leurs propres lois ; pour celles qui développent une sensibilité hors des normes sociales ainsi que celles qui souhaitent profondément l’explosion de tout ordre établi. Le féminisme divinatoire propose de désenclaver le féminisme radical de son rationalisme et de son absence totale de considération pour les traditions ésotériques telles que sont l’astrologie, l’alchimie, la magie cérémonielle, les arts divinatoires. »

Artiste multimédia, Camille Ducellier se passionne pour la figure de la sorcière contemporaine. Si les formes artistiques peuvent varier – documentaire, art interactif, installation sonore – , les sorts sont bien toujours les mêmes : rêver l’obscur, dévoiler les corps, relier le politique au spirituel. Elle publie en 2011 dans la collection extraction de chez Joca seria Guide pratique du féminisme divinatoire (alors accompagné du film Sorcières, mes sœurs qui ouvrait Littérature, Love, etc. en 2013!), réédité en 2018 par la collection Cambourakis, augmenté d’une préface de Starhawk.
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EXPOSITION d’après le livre Tiens ils ont repeint ! (éd. la Découverte)
d’Yves Pagès

zoom-AphorismesUrbains-ecran-archyvesOn dit des murs qu’ils ont des oreilles, mais sait-on qu’ils murmurent ? Celles et ceux qui, depuis le milieu du xixe siècle, s’emploient illégalement à y laisser des traces – avec force craie, charbon, feutre, pinceau ou bombe aérosol – l’ont bien compris : les murs nous interpellent. Avec leur ironie revêche, leurs espoirs tronqués, leur fantaisie abrupte, ils font écho à des paroles enfouies au plus profond de nous. Ils portent les mots qui, inscrits là sans destination ni droit de cité, sont livrés à tous les regards et « contaminent » l’espace public, troublant ainsi l’ordre du discours. La folle et jouissive collecte textuelle d’Yves Pagès – plus de 4 000 graffitis urbains du monde entier des cinquante dernières années, fidèlement retranscrits, datés et localisés – forme une mémoire inédite. Une mémoire de la joie virale du bon mot, de l’énergie politique gratuite, de l’audace minuscule, de la poésie mineure et éphémère, des marges de la syntaxe, de l’invention maladroite, du plaisir de l’inachevé. Une sélection de ces 4 000 graffitis sera projetée à l’endroit où, avant la désacralisation de l’église Marie-Madeleine, se tenaient les icônes religieuses. Le design graphique de l’exposition a été imaginé par Philippe Bretelle.
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SÉANCES DE DÉSENVOÛTEMENT par Chloé Delaume

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Vous avez perdu le contrôle. De votre vie, de vos envies. D’étranges pulsions peuplent vos nuits et vous vous étiolez chaque jour. Des mots vous sont mis dans la bouche, votre voix est devenue passive à force de flexibilité. Le corps social est possédé par l’esprit de Margaret Thatcher, la langue hantée par l’entreprise. Retrouver le Verbe fondateur, laissez venir à vous la Sibylle et ses techniques de management. Décrassage de l’aura et Verbothérapie. Retour définitif de l’être nié et oracle sur mesure. Le hasard n’existe pas alors autant s’organiser.

Chloé Delaume est née en 1973. Elle pratique l’écriture sous de multiples formes et supports depuis bientôt deux décennies. Beaucoup de textes courts, près d’une trentaine de livres comme
autant d’expériences. Romans,fragments poétiques, théâtre ; autofictions. Son dernier ouvrage, Les Sorcières de la République, est paru au Seuil  en 2016. Elle collabore régulièrement avec des artistes ; vidéastes, designers, musiciens. Performances, pièces sonores, interventions, objets. Il lui arrive d’être parolière. Artiste associée au Magasin des Horizons, le Centre National d’Art Contemporain de Grenoble, elle y développe jusqu’en 2021 un chantier autour des espaces oniriques et de leurs cartographies : Dream Operator. Elle anime également à Paris des ateliers d’écriture au sein de l’école Les Mots. Elle écrit actuellement un roman, Aujourd’hui Mesdames.