21 octobre Lille à partir de 14h

ATELIER JEUNESSE - LECTURES – RENCONTRES – PERFORMANCES – PROJECTIONS – CONCERT DESSINÉ et CHORALE

→ 14H30

Séance de désenvoûtement par Chloé Delaume – Nombre de places limité, inscription à contact@litterature-etc.com

chloeÌ delaume_cschneidermann18Vous avez perdu le contrôle. De votre vie, de vos envies. D’étranges pulsions peuplent vos nuits et vous vous étiolez chaque jour. Des mots vous sont mis dans la bouche, votre voix est devenue passive à force de flexibilité. Le corps social est possédé par l’esprit de Margaret Thatcher, la langue hantée par l’entreprise. Retrouver le Verbe fondateur, laissez venir à vous la Sibylle et ses techniques de management. Décrassage de l’aura et Verbothérapie. Retour définitif de l’être nié et oracle sur mesure. Le hasard n’existe pas alors autant s’organiser.



→ 15h – 17h
Atelier lecture dessin jeunesse 6 – 12 ans  avec Laura Nsafou et l’association Perluette.
⇒ Nombre de places limité / Inscription  06 79 21 09 27 ou association.perluette@gmail.com

Papillons noirs(1)Laura Nsafou propose un atelier créatif, alliant lecture participative et dessin, afin que chaque enfant créé son héros, son héroïne, tout en abordant la question de l’estime de soi. Parce que la puissance, c’est aussi avoir la possibilité de raconter ses propres histoires ! L’atelier sera l’occasion d’échanger avec l’autrice sur les métiers liés à la fabrication d’un album jeunesse.

Laura Nsafou, autrice et blogueuse afroféministe, anime plusieurs projets culturels (tels que des ateliers d’écriture notamment autour des questions de représentation et d’estime de soi, des interventions en classes, des évènements culturels) ; elle est aussi membre du bureau de
l’association jeunesse Diversité & Kids. En 2017, elle publie le roman À mains nues (éd. Synapse) et l’album jeunesse Comme un million de papillons noirs (illustrations Barbara Brun – réédition septembre 2018, éd. Cambourakis).
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→ 15h
Lectures à voix haute de Camarade Papa par Gauz, accompagné du comédien Yann Lesvenan, suivie d’une rencontre imaginée par Samira El Ayachi et intitulée « Mes lettres à Gauz ».

« L’arithmétique de la vague est immuable. Les premiers marins blancs l’ont appelée la « Barre de Guinée ». Elle prend naissance au-dessus du Puits-du-diable, une faille abyssale née des contractions de l’écorce terrestre en gestation. Risqué de s’approcher, impossible d’accoster. Aucun homme n’est venu peupler ces contrées par voie de mer. Les mouillages ne sont sécurisés
qu’au-delà de 400 mètres. Hommes et marchandises quittent les navires pour la terre ferme dans de solides canots, des baleinières pagayées par les deux seuls peuples au monde qui savent défier la barre : les Apoloniens et les Kroumens. En créant la Barre, la nature s’est chargée de mettre un brin d’équilibre dans les rapports entre blancs et noirs. Un bâtiment en panne, en péril, ou tout simplement mouillé au large, s’il veut commercer avec les indigènes, se signale en hissant un pavillon de couleur. Blanc pour les « Franssy », à cause de leur goût pour les défenses d’ivoire. Rouge pour les « Inglissy », grands vendeurs de poudre et de fusils. Noir pour les « Portuguessy », trafiquants invétérés de « bois d’ébène », esclaves expédiés aux confins du monde connu. »
Camarade Papa, Gauz

Après avoir été diplômé en biochimie, Gauz a réalisé des photos, des documentaires, des émissions culturelles et des articles pour un journal économique satirique en Côte-d’Ivoire. Depuis que le succès de son premier roman, Debout Payé (éd. le Nouvel Attila) vedette de la rentrée 2014, l’a propulsé sur le devant de la scène, il part de plus en plus souvent se recueillir à Grand-Bassam, première capitale coloniale de la Côte d’Ivoire, où démarre le présent roman.
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→  16h15
Lectures à voix haute de Décolonisons les arts !, par Gerty Dambury, Rébecca Chaillon et D’de Kabal, suivie d’une rencontre animée par les autrices de l’ouvrage Créer en post-colonie.

« Les artistes MANA — Maghrébins, Asiatiques, Noirs et Autres Assignés à une identité — subissent un traitement qui révèle les soubassements de notre société et du milieu culturel auquel ils perçoivent bien qu’ils ne sont pas conviés, même s’il arrive qu’ils y soient… soufferts. Que peut-on lire dans cette mise sur le bas-côté que récemment, des femmes noires, actrices et
productrices de cinéma dénonçaient dans un ouvrage intitulé Noire n’est pas mon métier ? La situation que vivent ces artistes constitue un excellent support pour interroger la permanence et la reproduction sous des formes différentes de rapports de domination dans le milieu artistique
et culturel, une domination qui prend appui sur des siècles d’une construction méticuleuse dont il semble que beaucoup ont aujourd’hui perdu la source. »
Décolonisons les arts ! Gerty Dambury

Ouvrage collectif sous la direction de Françoise Vergès, Gerty Dambury et Leïla Cukierman, Décolonisons les arts ! est un manifeste artistique et politique. La première prise de parole publiée de « Décoloniser les arts », un collectif d’artistes qui lutte contre les discriminations dans les arts vis-à-vis des populations minorées et postcoloniales. L’ouvrage se compose de trois essais des contributrices principales, qui reviennent sur les enjeux de cette publication, partant
du constat de l’absence de cultures minorées dans les théâtres de France. Ces textes sont suivis d’entretiens menés auprès de 12 artistes, parmi lesquels Rébecca Chaillon et D’de Kabal répondant du point de vue de leur propre pratique artistique dans sa dimension décoloniale.

Gerty Dambury est née à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Elle écrit et met en scène pour le théâtre depuis 1981 et ses pièces, dont certaines sont traduites en anglais et en espagnol (Lettres Indiennes, Trames), ont été montées en Guadeloupe, Martinique, Avignon, Paris et New York. Sa pièce Trames a reçu le prix SACD de la dramaturgie de langue française en 2008. Elle travaille également sur le théâtre africain américain et traduit de l’anglais. Militante afro-féministe, elle est membre fondatrice du collectif Décoloniser les Arts.

D’origine antillaise, Rébecca Chaillon passe son enfance et son adolescence en Picardie. Elle rejoint Paris pour des études d’arts du spectacle et le Conservatoire du xxe. Entre 2005 et 2017, elle travaille au sein de la Compagnie de débat théâtre Entrées de Jeu. Elle travaille depuis sa création dans sa propre structure : la Compagnie Dans Le Ventre qu’elle fonde en 2006. Sa rencontre avec Rodrigo Garcia la confirme dans son envie d’écrire pour la scène performative, d’y mettre en jeu sa pratique de l’auto-maquillage artistique et sa fascination pour la nourriture.

Né en 1974, D’de Kabal, rappeur, slameur, a cofondé le groupe Kabal dont il est le chanteur. Il crée le label Asphaltiq puis la Compagnie RIPOSTE. Non seulement il devient comédien, notamment avec Mohamed Rouabhi et Stéphanie Loïk mais aussi metteur en scène de ses propres ouvrages, entre autres. Récemment, il a signé une adaptation de l’Orestie d’Eschyle et en a réalisé
la mise en scène avec Arnaud Churin sous forme d’Opéra hip hop.

Créer en postcolonie 2010- 2015, Voix et dissidences belgocongolaises publié par BOZAR et Africalia, sous la direction de Sarah Demart et Gia Abrassart, est un ouvrage à la croisée des champs académique, artistique et militant, qui a mobilisé une soixantaine de contributeurs pour revenir sur l’après Cinquantenaire de l’indépendance du Congo (2010) et mettre à jour les enjeux de la création diasporique dans une ancienne métropole coloniale, souvent négligée, la Belgique.
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→ 18h15
Projection documentaire
Les Sénégalaises et la Sénégauloise d’Alice Diop
France | 2007 Documentaire | 56 min

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La réalisatrice Alice Diop est née en France, de parents sénégalais. En passant un mois au Sénégal, munie d’une petite caméra, elle filme la vie quotidienne. Elle dresse le portrait de trois femmes de sa famille : Néné et ses deux filles Mouille et Mame Sarr. « Ce film, c’est le portrait d’une cour et des femmes qui y vivent, trois Sénégalaises urbaines. Une mère et ses deux filles. Cette cour, c’est un peu la métaphore du gynécée au Sénégal : un espace cloisonné, exclusivement féminin, où face à l’adversité du quotidien, certaines luttent, tentent de se battre quand d’autres attendent, et rêvent de partir. Ici, il n’y a pas d’hommes mais beaucoup d’enfants, des allées et venues, un vaste chaos géré par ces femmes qui, seules, font en sorte que tout tienne. Cette cour, c’est la cour de ma mère, celle de son enfance. Cette cour, j’aurais pu y naître. Je filme en quelque sorte ce qu’aurait pu être ma vie, je réalise qu’il s’en ait fallu de peu pour que je naisse du « bon côté ». Je mesure d’ici ce que l’exil transforme, tout ce que l’on perd en partant, tout ce que l’on gagne. »
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20h
Concert dessiné de la dessinatrice Lorena Canottiere, accompagnée du musicien Stefano Risso.

Sur fond de communauté anarchiste et de guerre d’Espagne, Lorena Canottiere dresse avec la BD Verdad le portrait subtil d’une jeune femme obstinée, passionnée et éprise de justice et de liberté. Verdad est paru en 2016 en Italie (éd. Coconino Press) et en 2018 en français (éd. Ici même).

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Lorena Canottiere a reçu le Grand Prix Artémisia 2018. Lorena Canottiere a commencé à publier ses bandes dessinées en Italie dans les magazines et revues Corrierino, Schizzo Presenta, Mondo Naif, Black, ANIMALs, Slowfood, Internazionale et La Lettura de Corriere della Sera. Elle a pris part à de nombreuses expositions. Elle travaille aujourd’hui comme illustratrice, collabore avec le théâtre et s’intéresse aussi de près aux poupées vaudou. Ses derniers livres parus sont Oche. Il sangue scorre nelle vene, chez Coconino Press et Ça pousse, publié en Espagne, en Italie, en France, en Allemagne et au Chili par les éditions Diabolo.

Stefano Risso est le contrebassiste, compositeur, producteur et arrangeur, qui accompagne Lorena Canottiere dans ses concerts dessinés. Sa grande passion pour la chanson le place toujours à cheval entre la musique instrumentale (Jazz, avant-garde) et la musique à texte.

→ 20h45
SHOW de la Chorale Chauffe Marcelle !

Chorale féminine lilloise, Chauffe Marcelle ! se balade au gré de ses reprises impromptues. Nina Simone y rencontre Nirvana, France Gall vire au punk faussement candide, These boots are made for singing et Violent Femmes se retrouvent détournés en hymne à la joie. Entre autres…
Chauffe Marcelle ! collectif d’une centaine de cantatrices aventurières, revisite à sa sauce les plus grands tubes qui vous ont fait danser, pleurer ou emballer l’être élu à la boum de fin d’année. Une joyeuse bande qui défie la morosité, grand sourire garanti.